La RuN’Range… c’est chaud de remettre un dossard

Quelquefois, il faut savoir se la jouer tactique. Quand un plan,  tu ne le sens pas, il faut savoir l’adapter et en changer.

Et c’est particulièrement vrai en course à pied, où j’ai (enfin) fini par apprendre de mes erreurs. Bon, il a fallu le temps vu le nombre de fois où je me suis retrouvé en perdition au 15e km sur un semi, à me dire « mais qu’est-ce qu’il m’a pris de partir si vite ? » ou de demander aux bénévoles d’un ravito « vous pouvez me verser la bouteille d’eau sur la tête parce que je crois que j’ai le crâne qui fume ? ».

J’arrive maintenant un peu mieux à détecter quand un plan sent mauvais ou plutôt à reconnaître que j’ai peut-être un peu surestimé mes capacités (chose d’ailleurs plutôt courante pour les individus mâles de notre espèce… ici, j’entends bien de les surestimer… et pas forcément de le reconnaître).

Donc ce plan-là, où je me suis laissé convaincre par Patrick d’aller à fond pour le semi-marathon de Rurange et qu’on le termine ensemble en 1h35 voire moins (allez, soyons fou!), ben je ne le sentais finalement pas trop.

Il faut dire que ça commençait mal après le trail de 30 bornes du Saint Quentin de la semaine dernière. Le lundi, en me réveillant j’avais un genoux en vrac et en tentant de descendre les escaliers pour rejoindre le petit-déjeuner, j’avais dû y aller en crabe, en poussant un petit gémissement à chacune des marches descendues tant bien que mal, tellement les courbatures se rappelaient à moi.

Puis le jeudi, voyant que le genou semble aller mieux, je fais un tout petit test et je sors 2km en courant, juste pour voir. La bonne nouvelle, c’est que ça a l’air de tenir. La moins bonne nouvelle, c’est qu’il fait environ 30 degrés, et après un peu plus de 10mn de course, je suis tellement trempé que j’ai l’impression d’avoir juste fini la première épreuve d’un triathlon (NdT : la nage!).

Samedi arrive, prévision météo : 29 degrés. Ça fait 1 degré de moins vous me direz… mais la course fait aussi 19km de plus!

Je rejoins donc Patrick, qui est encore plus chaud bouillant que la température extérieure… « on va y aller à fond, mais si, mais si, mais si… »! Il y a plein de monde, c’est l’effervescence, on est tous heureux d’être là, un petit sentiment de fête retrouvée.

Ligne de départ et on s’élance! Premier kilomètre et ça descend. Patrick me dit « on va trop vite »… mais non, ca va, on est facile. Troisième kilomètre, et j’entends encore « on va encore trop vite! »… mais non, moi et mon expérience, on se dit « quand on est dans un grand jour, il ne faut pas hésiter ».

Puis arrivé au 5e, ça ne descend plus et je ne sais pas ce qu’il se passe, mais je commence à avoir sacrément chaud. Rapidement, la sensation descend jusque dans les jambes, et je commence à chauffer de partout. Un kilomètre plus loin, Patrick est juste devant moi mais je ne distingue plus que vaguement son t-shirt orange. Ça y est, je heurte de plein fouet ce qu’on appelle le mur du marathon (sauf que pour moi, il est au 6e kilomètre d’un semi, mais ça aussi, ça préjuge de ma capacité d’adaptation je suppose).

J’ai envie de mourir, je veux lâcher… mais avant, il faut que j’arrive à me débarrasser de Patrick qui gambade comme un cabri juste devant moi. Alors je tente ma chance « allez, pars devant, fais ta course, je vais y aller plus tranquille ». Et il me répond « non, non, on a commencé ensemble, on finira ensemble »… bref, je le hais!.

Le reste de la course, je ne me souviens plus trop… j’ai le cerveau en fusion, et je pense juste à faire un pas devant l’autre, parce que ça nous rapproche de la fin.

Et la fin arrive enfin, et se termine par une montée, si bien que même en rampant, je l’aurais monté plus vite celle-là. Et on passe, enfin la ligne d’arrivée.

Quelques temps après, une fois que mon cerveau retrouve un peu son état normal, Patrick me dit qu’il faut l’oublier celle-là. Je pense au contraire que non, surtout pas, parce qu’il faut apprendre de ses erreurs… même si cela ne durera finalement que jusqu’au moment où le départ de la prochaine course sera donné!

Par contre, à la fin quel bonheur… le bonheur de retrouver à nouveau des joies simples, de partager à nouveau une bière et de parler des prochaines courses (bien sûr… le prochain semi ce sera en dessous de 1h30… mais peut-être pas tout de suite quand même)…

Il me reste deux messages à donner : le premier à l’organisation de la course, un grand bravo… votre persévérance à continuer malgré les difficultés est en tous points remarquable.

Le deuxième à Patrick : je te hais…. mais un grand merci, de m’avoir soutenu tout le long!

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