Et ça s’est joué à 4 secondes près…

L’année 2017 est maintenant bien entamée et il était temps de se fixer des objectifs. Et comme l’hiver, je l’ai passé en essayant de suivre mes copains d’entrainement dans des fractionnés sous la neige (suivant l’adage « plus on court vite, plus on a chaud »), dans des sorties longues sous la pluie (avec l’argument « de toute façon mouillé pour mouillé autant continuer ») ou dans des entraînements dans les bois (avec les encouragements  du genre « T’inquiète si tu glisses et tu tombes, la boue ça amorti »), la forme est au rendez-vous. Donc pour le premier de ces objectifs, je vais essayer de rejoindre le club des 10km sous les 40 min.

Plan d’action : accélérer un peu l’allure sur les entraînements, faire un test sur une course pour m’évaluer et faire du spécifique pour couvrir le gap pour finalement tenter d’ici quelques mois le test final.

Et en plus je peux compter sur le soutien familial, notamment de mes 2 enfants qui, a force de les soûler avec mes entraînements, ont décidé de m’encourager et de me soutenir principalement en me demandant tous les 2 jours : « Papa, c’est quand que tu nous emmènes pour qu’on fasse une course »… « Papa, c’est quand… dis c’est quand ? »… « Papa! nous aussi on veut faire une course comme toi… »… « maiiiiissss Papa…. »

Fancois Hollande FlorangeEt là, finalement ça tombe bien parce que dimanche dernier, c’était « les boucles de l’acier » à Florange avec une course de 10km et aussi des courses pour les enfants. Génial, parfait pour le test d’évaluation, et en plus c’est prédestiné puisqu’on le sait, Florange c’est l’endroit où on doit tenir toutes ses promesses…

Donc c’est sous un soleil radieux que sous la houlette de notre coach (travail à temps partiel, après celui d’épouse pour l’un et de mère pour les autres) que nous nous dirigeons vers nos tests respectifs. Par contre les courses enfants se font en même temps que la mienne, donc je ne pourrais encourager les enfants qu’en pensée.

Echauffement

Direction la ligne de départ, ça sera 2 boucles de 5km. Objectif, partir à 4 min au 1000m et voir combien de kilomètres je peux tenir. La course étant qualitative pour les championnats de France, je suis entouré de tueurs. Comment on reconnait une bête en course à pied vous allez me dire? En fait c’est simple, c’est à l’habillement. En général, le coureur lambda comme moi, il a toujours peur d’avoir un peu froid donc il est un minimum couvert, avec la plupart du temps un suit-shirt à couleurs fluos (avec souvent un logo du genre « je cours pour la bière à la fin »), un mp3 relié à un casque, et il est en train de faire un selfie au moment où le coup de départ est donné si bien qu’il est tout de suite débordé parce qu’il n’arrive pas à ranger son smartphone dans la pochette accrochée à son bras. Le coureur, le vrai, il a un petit short fendu tout droit sorti des années 80, un mini débardeur avec marqué ASPTT et il est légèrement penché vers l’avant avec les doigts sur les boutons du chrono de sa montre en attendant sans bouger. Bref, on évolue sur 2 mondes parallèles.

Le coup de feu est donné, (j’étais prêt parce que ce coup-ci j’ai pas osé sortir mon smartphone pour le selfie vu l’entourage) et je me lance en suivant le rythme.

Ça part super fort, je me laisse entraîner si bien qu’au premier kilomètre j’ai 8 secondes d’avance sur l’objectif; je continue on réfléchira après.

Deuxième kilomètre, je suis à presque 15 secondes d’avance. C’est le moment où ça se joue, dans ma tête je me dis que finalement on va le tenter aujourd’hui le record.

3ème et 4ème, ça tient à 4 au 1000; ça déchire!

5ème et 6ème, le doute s’installe! Je tiens l’allure mais je commence sérieusement à en ch..

7ème, je commence à lâcher, j’en peux plus, j’ai une voix qui me martèle de ralentir, ma vie en dépend. Puis j’entends dans ma tête mes potes d’entrainement me parler : « Lâche rien mon Pascalou, lâche rien, tu peux y arriver » (ils sont toujours de bon conseil les copains). Je perds quelques secondes mais je serre les dents et continue.

8ème, je vis un enfer, j’ai l’impression que mon cœur va exploser. Puis j’entends une nouvelle voix dans ma tête « Vas-y mon chéri, t’es le meilleur » (si on fait exception des 100 gugusses devant moi bien sûr). Je m’y raccroche et ne perds que 10 secondes.

9ème, j’ai envie de pleurer à chaque foulée supplémentaire. Puis c’est au tour de mes enfants de me parler « N’abandonne pas Papa, c’est toi qui nous dis toujours de ne jamais abandonner » (j’aurais du le faire suivre de « faites ce que je dis, pas ce que je fais »). Je continue et je limite les dégâts avec 10 secondes de perdues supplémentaires.

Puis arrive le 10ème et dernier. Et là, je me dis que plus jamais ça, je ne veux plus avoir à retenter ça et à revivre le même calvaire, ça sera aujourd’hui ou jamais. J’ai du retard, donc il faut que j’accélère et reprenne les secondes perdues. Je joue donc le tout pour le tout et je tente ma chance. Bon, ce dernier km, j’avoue que je ne m’en souviens plus trop étant donné que j’ai dû faire un choix physiologique. J’ai dû déconnecter l’alimentation du cerveau pour faire un direct pontage sur les muscles des jambes à la place.

Je passe donc la ligne sans trop savoir où je suis, juste avant de m’effondrer dans l’herbe sans trop savoir si j’ai réussi le défi puisque j’ai arrêté le chrono à 40mn17s mais je ne sais plus si c’était pas quelques temps après la ligne. Seul 2 petites voix me rappellent à la réalité « P… P..  Pa… Pap…. Papa…. Papa..  regarde notre belle médaille ». J’ouvre les yeux, pour voir 2 petits excités sauter dans tous les sens avec leur médaille accrochée autour du cou.

Quelques minutes pour me remettre et boire un peu, et direction la voiture pour rentrer et prendre une douche bien méritée. On finira par un restaurant pour prolonger la fête.

Réconfort

Bon et au final, est-ce que j’ai réussi ?

4 secondes, ça s’est joué à 4 secondes près!

4 secondes c’est ridicule, vous me direz. Oui, je sais mais c’est ce qui fait la différence dans ta tête pour te dire si tu as réussi ou tu as raté.

Le temps retenu par l’organisation est de 39 min 56 s! Heureusement parce que je ne sais pas si j’avais le courage de le retenter!

Mais bon, maintenant direction le deuxième objectif de l’année…

4 réflexions sur “Et ça s’est joué à 4 secondes près…

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