La téméraire… ça chauffe dans les baskets pour atteindre les montagnes russes…

Tout d’abord parlons de l’organisation.

Non, pas de l’organisation de la course parce que c’est une première, le retour d’un semi-marathon à Metz (qu’on était beaucoup à attendre impatiemment), et on sait très bien que comme toute première fois ça ne va pas se passer comme prévu… mais parlons plutôt de mon organisation personnelle. En effet, la course se déroule samedi soir, pour partir d’un point A: Metz, à un point B: le parc Parc d’attraction Walygator situé 21 km plus loin.

Donc, avec un fils qui fait la course des enfants au parc, une fille qui a décidé de passer la nuit chez une copine, l’équipe de France qui a décidé de renvoyer Messi en Argentine à 16 heures, sans parler d’une sieste indispensable à la performance du sportif de haut niveau que je suis (en tout cas pour sieste), je dois avouer que c’est un peu le bord..zz, oups, une situation légèrement compliquée à gérer. Donc, on n’est pas de trop avec Anna et mon père pour amener chacun des colis (mes 2 enfants et moi étant la marchandise) à chacune des destinations respectives…

En plus, en raison des fortes chaleurs de ce dernier samedi du mois de juin, le départ initialement prévu à 19 heures se fera finalement à 20 heures. Il faut avouer que même si cela perturbe notre organisation, c’est dans le fond une excellente décision parce que la température dépasse allègrement les 30 degrés encore en cette fin d’après midi. Donc le risque de tous nous transformer en saucisse trop cuite sur un BBQ-semi-marathon géant étant à redouter,  heureusement que l’organisation a pris cette décision.

Donc après la victoire flamboyante de l’équipe de France, je range mon t-shirt bleu avec bientôt 2 étoiles dessus, pour mettre mon t-shirt SpiderMan et direction Metz pour le départ.

J’arrive un peu en avance, donc je m’allonge dans l’herbe en regardant les organisateurs s’affairer à préparer les lieux, mais ça chauffe tellement que rien que de regarder les autres fait l’affaire en guise d’échauffement… Puis finalement à 20h15, direction la ligne, je regarde autour de moi et je m’aperçois que je suis à quelques mètres de monstres sacrés de l’athlétisme Bob Tahri, Stéphane Diagana et Dominique Chauvelier venant inaugurer cette première édition (ce dernier participant même à la course comme porte drapeau du 1h45). Je n’ose pas trop les approcher même s’ils donnent l’impression d’être comme nous, alors qu’ils ont été chacun les meilleurs coureurs de France et même du monde…

Le temps de me remettre de mes émotions que le départ est donné, je garde bien précieusement à la main ma bouteille d’eau. Les premières foulées sont données à un bon rythme, je suis de quelques pas le meneur d’allure du 1h30, mon objectif n’étant pas de le suivre mais de pouvoir ressentir si je pourrais tenir l’allure quand je tenterais cet objectif plus tard… mais pour aujourd’hui, il fait trop chaud…

Le début du parcours a été modifié si bien que pour tenir la distance, le tracé consiste tout d’abord en un aller-retour de 2km sur une route. L’organisateur avait bien prévenu : on serre à gauche -pour l’aller et à droite -pour le retour, si bien que je me retrouve un peu surpris quand vers la fin de la première ligne, je croise les premiers que se faufilent vers ma gauche dans le sens du retour. Je suis un peu perturbé mais je me décale donc à droite et tel un mouton dans son troupeau, arrivé au demi-tour je suis le mouvement devant. Et là, c’est le drame : je me retrouve progressivement dans une masse confuse de coureurs dans l’autre sens et j’ai l’impression d’être comme un saumon qui tente de remonter un torrent… Je manque de peu de me faire chopper par un ours mécontent et arrive de justesse à rejoindre le bon côté… tout en entendant des cris derrière, les autres ont dû suivre le mouvement… je n’ose pas me retourner pour savoir combien de saumons ont survécu à ce premier obstacle… mais pour ma part c’est bon je suis sauf, il ne reste plus qu’à faire les 20 derniers kilomètres…

On rejoint bien vite la voie verte qui suit le tracé de la Moselle et je laisse s’éloigner tranquille le groupe de 1h30 si bien que je me retrouve un peu seul. Ma meilleure amie devient à ce moment-là ma bouteille d’eau que je conserve bien précieusement dans ma main. Elle me sert tour à tour pour boire et m’asperger la tête (qui fume à chaque nouveau contact avec l’eau)… Mais bien vite, elle m’abandonne, elle aussi, et je ne dois plus compter  que sur les ravitos où je prends un verre pour boire et un verre sur la tête.

Arrivé au 8ème, la chaleur commence à faire son effet, et le rythme commence à diminuer progressivement pour se stabiliser au 12ème même si une boisson énergétique avalée à la va vite un peu de travers ne manque de peu d’avoir ma peau.

Il me faudra au moins 3 km pour me remettre, si bien que je vois le porte drapeau du 1h35 me dépasser. Je laisse alors mon égo de côté, la raison l’emporte cette fois-ci et je le regarde lui aussi s’éloigner sans trop de remords.

Puis progressivement le soleil disparaît, ce qui devient une vraie bénédiction car chaque contact des rayons du soleil sur ma tête ravivait les braises du BBQ à la saucisse qui sentait de plus en plus le cramé…

La fin du parcours est difficile, mais je tiens tant bien que mal le rythme. Sur les derniers kilomètres, c’est plutôt les moucherons qui commencent à perturber ma progression. J’entends d’ailleurs le banzai de l’un d’entre-eux, juste avant de se fracasser mon œil… (note pour l’année prochaine: prends des lunettes transparentes!)… Vers l’arrivée, je dois être moucheronné de partout, mais au moins j’ai fait du bon travail, j’ai dégagé le terrain pour ceux de derrière…

Les derniers moments sont vraiment durs et c’est avec soulagement que je vois l’arrivée en-dessous du grand 8. Une accélération, pour la forme et surtout pour les encouragements de ma famille venue assister aux derniers mètres (entre 2 tours de montagnes russes- gratuits et à volonté pour l’occasion!)… je me sens comme Griezmann qui marque le premier but contre l’Argentine… dans ma tête je suis un vainqueur…

Bon, en conclusion, on peut dire qu’évidemment, il y a des choses à améliorer, c’est la première… mais j’ai apprécié cette course, et surtout cette bonne idée d’arrivée dans le Walygator Parc…

Maintenant, je vais ranger un peu mes baskets et je vais partir en vacances…  enfin, je vais peut-être quand même en prendre une paire dans la valise… et je suis sûr que c’est pour tous les coureurs pareils, non?

IMG_1952
Sam quand je lui dis de venir prendre une photo avec un Monsieur ….
Dominique Chauvelier 2
Sam, quand le Monsieur lui dit qu’il a participé aux Jeux Olympiques…

 

 

6 réflexions sur “La téméraire… ça chauffe dans les baskets pour atteindre les montagnes russes…

  1. Mathieu

    Salut!

    Moi c’est le jeune que tu as croisé au 10ème kilomètre, que tu as reboosté pour le dire de pas arrêté la!
    (Au final, je faisais le duo et venais de remplir mon objectif sur le 10, mais on a un peu discute et on s’est dit à tout à l’heure!)

    Sache que j’ai atteint en bus à l’arrivée pîle poile au moment où tu es arrivé 😉
    Je voulais venir te voir mais tu semblais bien accompagné !

    Bref, merci pour le soutient que tu prodigues aux coureurs ! C’était top
    A+ sur une course 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Salut Mattieu,
      Oui, ça m’a fait plaisir de partager ce passage de la course avec toi… Et c’était dans les 2 sens, tu m’as boosté aussi, c’était vraiment sympa de ta part de m’accompagner pendant quelques temps…
      A très bientôt j’espère sur une autre course !
      Pascal

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