Pas si loin de la Lorraine, la mer…

Ça y est, c’est les vacances! Venez, je vous emmène avec moi dans mes bagages…

C’est une petite bouffée d’air frais dans un atmosphère si particulière. Mais même les vacances ont un goût un peu spécial dans la mesure où les traces du spectre du virus nous entourent toujours : on porte des masques (sauf évidemment les sceptiques, contestataires irréductibles, généralement les mêmes qui se plaignaient 3 mois auparavant que c’était inadmissible qu’on ne nous fournisse pas de masques… et maintenant qu’on nous demande d’en porter, ils s’insurgent et crient à la conspiration), tous les sujets de discussions tournent autour du virus, et les blogs de courses à pied ont perdu leur en-train. Mais bon, fini le confinement, on peut à nouveau sortir, et joie immense, on peut aussi partir en vacances!

De notre côté, en catastrophe, on a dû revoir les plans parce que partir en avion en cette période semblait être une mission à la hauteur de Ethan Hunt (« ce message s’autodétruira… »), donc finalement la raison l’emportant, c’est dans la Baie de Somme où nous poseront nos bagages en famille.

Après avoir réussi (dans une certaine mesure) à convaincre les enfants que le village Pierre et Vacances de Fort Mahon allait être tout aussi génial que le All Inclusive de Tenerife (si si, les températures sont à peu près les mêmes…), c’est finalement la réalité des vacances plutôt que la parole des parents qui aura finalement raison de leurs a priori. Finalement ça ne tient pas à grand chose de passer des vacances fantastiques : une piscine reste une piscine, les plages sont extraordinaires et il y a des dizaines de lieux magnifiques à découvrir.

Pour ma part, peu m’importe, je sais que je trouverais toujours mon compte, avec le petit plus de n’avoir besoin que d’une paire de baskets pour retrouver un sentiment de liberté quelque peu oublié au fond de ses semelles. En effet, après avoir tourné en rond pendant de longs mois avec le stress de ne pas dépasser le kilomètre fatidique autour du domicile, c’est avec une joie particulière que je chausse les baskets pour découvrir un terrain de jeu que je connais peu : la plage.

Et la découverte est belle! Fermement résolu à allonger un peu la distance, je m’aperçois que les premiers kilomètres sont difficiles. Il y a comme toujours les premières minutes habituelles afin de se vider la tête, même si sur la plage, l’environnement extérieur t’y aide un peu plus rapidement. D’abord, dans le Nord, sur la plage il y a le vent. Et pas un petit vent, une petite bise matinale qui t’accompagne avec douceur, non, celui qui claque sur toi et te fait vite oublier tous tes soucis (c’est pas pour rien que c’est le paradis du char à voile et du Kyte surf). Puis il y a le sable. Un sable que est en perpétuel combat avec la mer au rythme des marées, si bien que le coureur n’a de cesse d’essayer de trouver le meilleur chemin en cherchant le sable le plus dur afin de pouvoir courir quand même tant bien que mal. Quelquefois, c’est avec la limite avec l’eau que l’on joue et l’instant d’après on se retrouve à quelques dizaines de mètres du rivage. Donc, quelquefois on gère plutôt bien, tandis que d’autres fois on s’enfonce les godasses de plusieurs centimètres dans le sable et on passe plus de temps à essayer de s’extirper plutôt que d’avancer.

Puis les kilomètres s’engrangent, je m’éloigne des habitations et je m’avance vers la plage sauvage. Il y a malheureusement encore de nombreuses traces humaines échouées sur le rivages qui côtoient les mouettes et les goélands qui n’ont rien demandé à personne. Je retrouve des vestiges en plastique et la nouveauté, c’est le triste nombre de masques jetables abandonnés flottant sur le rivage. C’est surement à ce moment-là que je me rends compte que c’est bien de porter un masque, mais que finalement les masques jetables devraient être interdits à la vente au grand public, simplement parce qu’on est trop bête ou trop indisciplinés pour le mériter (et après tout, laver un masque réutilisable n’est pas si difficile que cela).

Sur ces considérations, il est temps de rentrer… demi-tour, même chemin, même galère. Mais ça vaut le coup, la plage est immense et qu’est ce qu’elle est belle! Je me sens un peu quand même comme un étranger parce que suivi par les mouettes criardes, pour faire comprendre à leur congénères qu’un intrus s’est glissé dans le paysage, même s’il a l’air un peu de galérer dans le sable. Et là, perdu dans mes pensées, je le vois. Devant moi, à une dizaine de mètres, un jeune phoque me regarde! Je n’ose m’approcher, après tout je suis chez lui. Vite mon téléphone… à non, je l’ai oublié… je ferme les yeux, que cette rencontre reste gravée. Puis je m’éloigne, je crois qui me reste assez d’énergie pour courir plus vite qu’un phoque mais je ne voudrais quand même pas tomber sur sa mère! Bon, il faut se dépêcher, avec toute ces aventures, j’ai bien mérité la grosse glace au restaurant L’Onagre de Pierre et Vacances (et je dois dire que le personnel y est vraiment plus qu’adorable, surtout dans ces conditions particulièrement difficiles ils font tout leur possible pour nous faire passer de bons moments).

Je renouvellerait l’expérience de courir sur la plage plusieurs fois, mais la rencontre avec le phoque restera finalement la seule (si on met de coté les beaux spécimens assez ressemblant mais d’une autre espèce, allongés tout nu sur leur serviette de plage un peu à l’écart aussi)… mais ce n’est pas grave, elle a existé.

Et voilà, maintenant que je suis rentré, l’envie d’y retourner afin de faire un trail dans la région ne me quitte plus. Qui sait, on en reparlera peut-être un jour.

Finalement, qu’est ce qu’on retiendra ? On retiendra qu’il y a en France mille et un trésors et qu’on en a découvert un, que la meilleur crêpe qu’on aura jamais mangé de notre vie se trouve au restaurant Chez Suzette au Crotoy, et que la gentillesse des gens du Nord n’est pas une légende…

Une réflexion sur “Pas si loin de la Lorraine, la mer…

  1. Hello ! Quel article, merci d’avoir partagé cette sortie running sur la plage. Courir sur la plage est toujours un bonheur, surtout au petit matin. Il y a souvent personne autour, on n’entend seulement le bruit des vagues, la méditation est encore plus forte … passe une belle journée ✨

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s