L’Hémera trail 2020, la course du jour d’après…

On veut y croire, recommencer à vivre comme avant, se serrer la main, se sourire et se déplacer sans avoir à faire demi-tour parce qu’on a oublié de prendre un masque mais c’est un peu compliqué pour le moment. En tant que coureur, j’avoue que ce qui me manque le plus, ce sont d’une part les sorties en groupe avec les copains sur le temps de midi (opportunités qui se sont réduites à peau de chagrin depuis le télétravail), et d’autre part les courses organisées dans la région le week-end.

Et les déceptions ont été nombreuses ces derniers temps. Comme bon nombre d’entre nous, je surveillais de près toutes les courses en me disant que la situation allait se débloquer progressivement, pour finalement voir s’enchainer les annulations. Certains ont rangé dans le même placard à baskets toutes leurs aspirations de courses, en se disant que c’est terminé pour cette année, mais de mon côté il me restait un petit espoir tant l’envie était grande. Et l’Hémera trail de Terville est arrivé. Confirmation de la course, inscription le premier jour, espoir fluctuant en attendant les nouvelles et finalement quelques jours avant, l’organisation annonce qu’elle se pliera à toutes les exigences sanitaires demandées afin de nous permettre de raccrocher un dossard. Je n’ose pas vraiment y croire, jusqu’à la veille, où cette bande de passionnés (et là, il faut vraiment être passionné pour affronter tous les obstacles afin d’organiser une course) nous demande de venir pour aller chercher ce fameux dossard.

Donc ce dimanche matin, direction la ligne de départ. J’ai en plus de la chance, elle se trouve à moins de 500m de la maison. L’atmosphère est un peu étrange et le protocole assez contraignant, pas de départ groupé mais un départ toutes les 15 secondes, chacun son tour en fonction de son numéro. Mais ce n’est pas grave, on y est, on retrouve les têtes que l’ont connait ainsi que les amis que l’on a vu uniquement à travers leur performances sur Strava pendant les derniers mois. Qu’est ce que ça fait du bien de se retrouver sur la ligne de départ, baskets aux pieds (enfin pas encore pour tous…).

Puis l’organisation nous fait partir un à un, avec un petit message d’encouragement à chacun.

C’est mon tour, je m’élance après avoir vu les premiers partir sur le même rythme que moi quand je fais un 100 mètres (ou quand je me fais pourchasser par un chien… ce qui m’arrive régulièrement quand je cours). Alors évidemment, on n’a pas le même rythme si bien que je rattrape bien vite 2 concurrents au début mais il ne me faut pas plus de 4km pour me faire rejoindre par un autre coureur pourtant parti 2mn après moi.

Puis j’arrive dans les bois de Volkrange où j’ai en ligne de mire une coureuse devant moi. La particularité quand tu cours contre la montre, c’est que tes repères de course sont un peu biaisés parce que contrairement à une course normale où tu te trouves rapidement dans un groupe courant à la même allure, ici tu n’as aucune idée si les personnes autour de toi sont du même niveau ou non – ça complique un peu les choses.

Mais ici, j’ai du mal à la rejoindre, puis finalement arrivé à sa hauteur on échange quelques mots et on fait un bout de chemin ensemble. Ce chemin est probablement le plus dur puisqu’il nous fait arriver, à la fin d’une montée qui se grimpe limite à 4 pattes, sur les vestiges du dispensaire du lépreux. Bref le parcours est vraiment soigné!

Et la descente, s’engage. Et comme pour toute belle descente de trail, qu’est ce qu’on doit faire ? … lever les pieds… ce que je ne fais pas… si bien que je butte contre une racine, j’ai juste le temps de m’enrouler sur le côté pour finalement m’exploser contre le sol. Alice qui m’accompagne toujours à ce moment m’aide à me relever, elle s’inquiète de mon état… je fais un rapide check, j’ai un peu mal partout mais ça a l’air d’aller. Donc c’est reparti et on verra après comment ça tient.

On fait encore un bout de chemin ensemble puis, je la laisse ayant peur de griller sa course si elle ne suit pas son propre rythme (d’autant plus que je pense qu’elle joue de son côté pour un podium). Bref, j’ouvre le chemin, mais bien vite je me retrouve dans le dur. Après tout, ça fait quand même quelques temps que je n’ai pas forcé l’allure sur 20km.

Je passe les champs en veillant de ne pas me vautrer une seconde fois n’ayant plus d’ange gardien, puis je rejoins la fin vers le village.

Mais la fatigue aidant et ayant perdu un peu de lucidité, je rate un virage et me retrouve sur le mauvais chemin. Heureusement, j’entends au loin derrière mois une voix qui crie « c’était à gauche!!! ». Au final, je saurai par la suite que c’est Alice qui a prévenu le coureur juste derrière moi qui a crié à son tour. Décidément sans elle je serais encore en train de tourner! Demi-tour toute, je corrige la direction pour effectuer la dernière partie du parcours et rejoindre enfin la ligne d’arrivée.

Qu’est ce que ça fait du bien de retrouver cette ambiance… un énorme merci au club de Terville d’avoir affronté tout ça pour nous permettre de recommencer (presque) comme avant.

Bon enfin, quand je dis que ça fait du bien… c’est sans compter mon épaule, mon bras et mon derrière (mais je vous épargne cela pour la photo…)…

2 réflexions sur “L’Hémera trail 2020, la course du jour d’après…

  1. JB

    Toujours un plaisir de te lire.
    c’est ça de vouloir faire le beau, on se prend les pieds dans le tapis !!! le principal, c’est que tu n’aies pas de mal. ce serait dommage de rester à la maison.
    Et il n’y avait pas de ravito ou banquet final ?

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