La Kanerdall (ou 21km pour préparer Noël)…

Avant de s’élancer dans le récit de cette nouvelle course, je voulais au préalable la contextualiser en saluant le courage du coureur lorrain (dans sa grande globalité). C’est selon moi, l’un des types de coureurs les plus courageux qui existe dans la grande communauté des runners.

En effet, il faut en avoir du courage pour poursuivre l’entrainement ces temps-ci dans la région, c’est bien rare qu’on ne doive pas prendre notre courage à 2 mains pour abandonner sa couette bien chaude du week-end pour aller :

–       soit affronter une pluie incessante qui ferait même peur à une grenouille (peut-être raison pour laquelle tu ne trouves pas de cigogne en Lorraine, parce qu’elles mangent des grenouilles qui malheureusement ont du mal à résister au climat),

–       soit affronter la neige fondante (en tout cas ces derniers temps) qui fait que tu ne sais pas où tu mets les pieds à chacun de tes pas et que tes baskets de trail flambant neuves se retrouvent transformées en l’espace de 2 sorties en chaussures tout juste bonnes pour aller faire le jardin (dire qu’ils embauchent des stylistes chez Nike ou Salomon et que ça fait presque la moitié du prix de la chaussure),

–       ou alors sur le verglas comme samedi dernier ou il faut avoir suivi la formation niveau 2 de Philippe Candeloro pour ne pas se fracasser 42 fois le coxis sur le bitume congelé…

Enfin, je dirais qu’on est le deuxième plus courageux de France, juste après les traileurs corses, étant donné le nombre de chasseurs là-bas, se balader en courant dans la garrigue (même étant équipé d’un t-shirt rose fluo) dépasse allègrement le stade de courage…

Bon revenons à nos moutons, enfin à notre course de ce mois de décembre : la Kanerdall. C’est 1000 givrés (c’est le cas de le dire) qui ont décidé de s’aligner sur la ligne de départ. La particularité c’est qu’au 9ème km, tu choisis si tu fais 14km ou si tu allonges (un peu) à 20km.

Une invitation m’a été lancée quelques jours auparavant par Patrick, (qui habite non loin de chez moi et avec lequel on se croise dans les courses de la région sans jamais parvenir à courir ensemble) pour laisser tomber la petite de 14km qu’il appelle la kid’s run (tout est relatif parce que généralement pour moi 14 c’est la grande) pour faire la vraie. Deux problèmes : j’ai atteint seulement 2 fois les 20km cette année (dont une fois, la première que je préfère oublier parce que ça me fait toujours penser à ma tête dans les toilettes – ICI si ça vous intéresse mais moi j’ai décidé de refouler) et que d’après ses stats sur Strava, il court un poil plus vite que moi (et malheureusement un poil sur 20km, ça peut vite te faire regretter une épilation ratée).IMG_0124

Mais bref, comme j’ai l’ego large alors je me dis pourquoi pas, donc on se retrouve tous les deux sur la ligne de départ… on va partir ensemble et si on n’est pas synchro au bout de 3km, on se donne pour consigne de ne pas chercher plus loin et de se lâcher.

Patrick a déjà fait cette course et il prend en main la stratégie du duo : après 300 mètres il y a un petit goulet d’étranglement donc pour ne pas être pris en sandwich au milieu de 1000 gugusses qui n’ont qu’une envie, c’est de courir au plus vite pour lutter contre le froid et de ne surtout pas attendre après 300 mètres d’effort (et je peux vous dire que pour cailler… ça caille bien aujourd’hui), il va falloir partir comme Usain Bolt aux JO. Donc c’est remonté comme des balles de flipper qu’on se place aux avant-postes. Quand le départ est donné, entre ceux qui ont naturellement un rythme à te clouer sur place et ceux qui se sont fait avoir l’année dernière, je n’aurais pas voulu me retrouver devant pour prendre des photos parce que c’est une meute de barbares Huns qui s’élance… On a un peu l’impression de se retrouver dans un torrent quand on arrive au premier virage, on évite avec brio les pots de fleurs, mais c’est du grand n’importe quoi parce que j’ai déjà le cœur à 180 bpm.Barbares

J’arrive tant bien que mal à suivre Patrick, mais je me demande combien de temps je vais tenir d’autant qu’il a l’air de bien tenir dans la boue tandis que je joue les équilibristes derrière. La boue sera le fil conducteur de toute l’épreuve parce que avec ce qu’il a plu ces derniers temps. Il y en a partout, on essaye tant bien que mal de se frayer un chemin plus ou moins sûr, mais à de nombreuses reprises c’est les 2 pieds en plein dedans (qui fait rappeler à tes doigts de pieds qu’à environ 0 degré c’est pas bien chaud). On trouve finalement notre rythme de croisière et on arrive à se maintenir ensemble… c’est super cool de pouvoir faire une course en duo.

Quelques kilomètres après, on arrive devant le château de Hombourg (ou Luttange, je ne sais pas trop) et la course nous fait entrer DANS le château. On passe à l’intérieur, expérience exceptionnelle de pouvoir passer à l’intérieur du château, dans les cuisines même où nous attend un groupe de musique à tendance irlandaise. Rien que pour ce moment ça valait le coup de venir!

Puis retour dans les bois et les chemins de campagne, ou on se soucie de moins en moins de notre état, c’est toujours le premier pas dans la boue qui est le plus difficile…IMG_0123

Arrivé au fameux passage du 9km, d’un commun accord, on se dit qu’on va vraiment faire le 20… mais Patrick me dit que ça va être dur. Je le rassure en lui disant qu’un trail de 20km, c’est normal que ça soit dur… mais le pire c’est qu’en plus, il a payé pour en chier…

Arrivé au 15ème, il montre des états de fatigue et j’essaye de le rassurer comme je peux : « je sais que ça tire mais dis-toi que après Noël, avec la dinde, le foie-gras et les escargots pendant plusieurs jours, cette course est facile comparée à la prochaine en janvier après les fêtes ». Je pense que le coup des escargots ont un bon effet parce qu’il s’accroche et tient le rythme. Arrivé à 500 mètres de la fin, un bénévole nous lance un « allez, courage il ne reste plus qu’un kilomètre et demi », j’espère que Patrick ne l’a pas entendu. La fin nous annonce une dernière surprise où il faut ramper sur 10 mètres dans un tunnel de branche de sapin ( ça doit être le cadeau de Noël) puis on passe l’arrivée ensemble… IMG_0128

J’avoue que j’ai adoré, une belle course dans la gadoue, le froid, avec de belles surprises et le plaisir de l’avoir fait en duo. Allez maintenant c’est au tour de la machine à laver de transpirer…IMG_0136

Allez maintenant on est à peu près 1000 gugusses fin prêts pour attaquer les fêtes de Noël. Joyeux Noël à tous !Pere Noel

9 réflexions sur “La Kanerdall (ou 21km pour préparer Noël)…

    1. C’est sûr que le terme « vindiou », c’est pas très grec tout ça !
      Par contre, je ne sais pas ce qui est le pire, courir dans le froid ou courir sous ton soleil, parce que ça ne doit pas être facile tous les jours en été!

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  1. Ping : Le Foxtrail ou l’âge de raison… – Runner Flower

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